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Collie online - Historique - Histoire du Colley Mise à jour le 24-10-2009
 

 

 

L'arbre généalogique du Colley.

 

 

Entre chiens et loups, ou l'arbre imaginaire du Colley.

 

L'Islande et le chien de conduite.

Habitée dès le VIIIème siècle par des moines Irlandais, l'Islande sera réellement colonisée par les vikings à partir de 874. Environ 6000 colons viendront s'y établir au cours des 50 années qui suivirent. Les raisons d'un tel afflux s'expliquent par les guerres qui sévissaient en Norvège à une époque où le roi Harald Ier essayait d'unifier le pays. Une autre raison est liée aux conditions climatiques. Nous y reviendrons plus loin. L'histoire des chiens est liée à celle des hommes, qui est elle-même dépendante de l'évolution du climat. Les périodes froides entrainent un reflux et un regroupement des populations dans des zones sanctuaires comme, par exemple, celà s'est passé au cours de la dernière grande glaciation pour la zone basque. Les périodes chaudes, interglaciaires, favorisent au contraire l'expansion humaine. La période chaude comprise entre 250 av JC et 450 ap JC correspond à l'expansion romaine. Après une période froide qui vit la chute de l'empire romain, succéda une nouvelle période chaude entre 950 et 1400. La route Norvège-Islande-Groenland est facilement naviguable. La douceur du climat favorise les cultures céréalières en Islande. L'optimum semble se situer entre 1150 et 1250. L'Islande connaît alors la période la plus faste et la plus mythique de son histoire que les Sagas qualifient de véritable "Age d'or". Un chien de berger accompagnait ces colons aux traditions pastorales: Icelandic Sheepdog ou Berger d'Islande (islenskur Hundur).

En 1262, l'Islande, alors déchirée par des conflits de clans, perd son indépendance au profit de la Norvège. En 1397, lors de l'union du Danemark et de la Norvège, elle passe sous l'autorité du roi du Danemark. Cette longue période de domination danoise fut particulièrement difficile pour le peuple islandais. En effet, pendant plus de quatre siècles, l'Islande connaît la période la plus noire de son histoire. Les Islandais eux-mêmes la définissent comme celle de « la longue nuit ». 2 épidémies de pestes décimèrent la populations. Au cours du XVème siècle la pêche pris la 1ère place des exportations devant la laine. Mais cette période est surtout appelée le « siècle des Anglais », en raison du nombre important de pêcheurs anglais qui venaient pêcher dans les eaux islandaises.
Faut-il y voir là les raisons qui ont favorisé la diffusion du berger islandais hors de son ile?
En 1555, l'ecclésiastique et écrivain suédois Olaus Magnus a écrit que le berger d'Islande était très populaire au sein de la classe aisée, plus particulièrement auprès des prêtres et des femmes.

En 1570, John Caius, éminent médecin et humaniste, a noté que le berger islandais est devenu le favori de l'aristocratie britannique. Autour de 1650, l'écrivain et satiriste Thomas Brown écrit que de nombreux bergers islandais ont été importés de Grande-Bretagne comme des animaux de compagnie mais également convoité par les éleveurs de moutons anglais. (Deild Íslenska Fjárhundsins, DÍF, 2005, Gísli Pálsson, 1999:5) (http://www.island-dog.com/id17.html)

Le berger islandais jouit alors d'une grande popularité. La race est réputée pour posséder une forte orientation spatiale et est particulièrement bien adaptée à la conduite des troupeaux de moutons dans la montagne. Au milieu du 19ème siècle, l'Islande compte plus de 20 000 chiens sur son sol. Population qui diminuera ensuite fortement à cause de différentes épidémies. Toute importation de Bergers Islandais a été interdite en 1901afin de protéger la race.

 

Conduite ou garde: une spécificité des chiens de berger.

Les premiers liens entre chiens et troupeaux découlent du besoin de défendre le bétail contre les prédateurs: ours ou loups, mais aussi contre les pillards. Aucun dressage n'est nécessaire, ils associent le troupeau à leur meute en étant élevés en son milieu. Ils la protégeront si le besoin s'en fait sentir. Lors des déplacement, le chien précède alors le troupeau. Le chien de conduite n'existant pas, le berger employa d'autres moyens qui, toutefois, n'égalèrent jamais les résultats obtenus avec le chien de conduite. La fronde en fait partie. Cette arme était utilisée par les bergers de l'Antiquité pour défendre leurs troupeaux contre les loups et autres prédateurs. Elle leur permettait aussi de rassembler des animaux qui s'éparpillaient. Au 18ème siècle, les bergers français se faisaient parfois accompagner d'aides pour diriger le troupeau.

La conduite du troupeau serait le fait du berger Islandais. Les premiers textes y faisant référence dateraient du 13ème siècle. Il s'agit de la saga de Gudmun Arasons (1215, 1220) et de la saga d'Olaf Tryggvason (entre 1178 et 1242).
A partir du 15ème siècle l'Islande devra afronter l'adversité: conflits de clans dès 1250 entrainant la perte de l'indépendance au profit de la Norvège, puis du Danemark. Des épidémies décimèrent la populations. Les historiens s'accordent pour estimer que les victimes de la peste noire au début du 15ème siècle ont dû représenter entre 1/3 et la moitié de la population. Pour ne rien arranger, le climat se refroidissant rendait moins hospitalière la grande île. Pendant plus de quatre siècles, l'Islande connaîtra la période la plus noire de son histoire. Les Islandais eux-mêmes la définissent comme celle de « la longue nuit ».
Au cours de cette période, la laine qui était la 1ère source économique du pays cède la place à la pêche et à l'industrie poissonnière.
Des Islandais partirent certainement vers de meilleurs horizons, emenant leurs chiens avec eux. Les pêcheurs anglais qui venaient exploiter les zones de pêche proches de l'islande y firent sans doute relâche et ramenèrent peut-être des chiens en Angleterre. Nul ne le sait, mais ce chien commence à être décrit dans la litérature anglaise à la fin du 16ème siècle.
John Keys dans son "De Canibus Britannicus" commandé par Elisabeth I, et qui est en fait la 1ère classification canine en Angleterre, y décrira en 1570 un chien "utilisé pour rentrer, conduire, rassembler ou isoler les moutons", précisant que le berger anglais, à la différence des bergers contientaux, "suit les moutons au lieu de les précéder". John Keys (aussi appelé John Caius) notera que le berger islandais receuillera les faveurs de l'aristocratie anglaise. Plus tard, vers 1650, l'écrivain Thomas Brown rapportera que de nombreux bergers islandais ont été importés en Grande-Bretagne. Utilisés pour la compagnie par les nobles, ils seront très convoités par les bergers et éleveurs de moutons.

Le berger islandais essaimera alors dans les contrées traditionnellement dévolues à l'élevage: Ecosse, bien sûr, mais aussi au Pays de Galles. La notion de chien de conduite se répandra ensuite à l'ensemble de l'Angleterre, puis à toute l'Europe. L'Abbé Carlier écrira en 1770, dans son Traité des bêtes à laine: "Il n'y a rien à rabattre de l'opinion qui fait considérer les chiens comme une nécessité indispensable pour la conduite des moutons". Conduite, et non plus garde: la nuance est importante et doit être soulignée.
Xavier de Planhol (docteur ès-lettres et professeur émérite à l'université de Paris-Sorbonne), spécialiste de géographie historique et de pastoralisme, a dressé une carte de la diffusion du chien de conduite en Europe. (thèse d'Emmanuelle Francq: les origines des races européennes de chiens de berger).


Diffusion du chien de conduite en Europe (de Planhol, 1969)

 

Le Berger Gallois: Welsh Sheepdog ou Welsh Collie

Dafydd ap Gwilym (1315/1320, 1350/1370), considéré comme le plus grand poète gallois de tous les temps, et l'un des plus grands poètes européens du Moyen Âge, écrivit autour de 1350 la description de sa visite à un fermier gallois. Il mentionne notamment des chiens rouges qui se sont précipités à sa rencontre.
Pouvons nous reconnaître en ces chiens, à leur seule couleur, le type du berger Basque à la couleur très soutenue, presque acajou? C'est un indice supplémentaire qui vient étayer la théorie basque des origines des chiens de berger en Irlande, Pays de Galles et Ecosse.
Le berger Gallois, tout comme le berger Basque actuel, n'est pas reconnu par la FCI. Ce qui laisse penser qu'il doit être resté proche de son type historique. L'apport berger Islandais est flagrant. Intermédiaire en type entre le berger Islandais et le Colley, il pourrait nous donner une idée de ce qu'aurait pu être notre Colley avant d'être reconnu en tant que race. Les 2 variétés, poil long et poil court, existent. Quant aux couleurs de la robe, nous retrouvons les mêmes que pour le berger Islandais: noir, noir et cuivre, tricolore, rouge, brun, blue-merle, rouanne (poil mêlé de blanc et de gris: English Setters, Australian Cattle dog, etc), sable avec, ou non, des marques blanches. La taille semble être variable, autour de 46 à 50 cm. Le fouet est porté bas et non enroulé. Les oreilles ne sont pas dressées.

 

Berger d'Islande, d'Ecosse, Gallois ou Border Collie, une même famille:

Le Berger d'Islande a manifestement légué certains de ses gênes à de nombreuses races bergères britanniques. Leur physionomie le fait immédiatement penser. Mais on pourrait tout aussi bien imaginer que ce serait le Colley qui aurait transmis ses gênes aux autres. Après tout, c'est la race principale, du moins celle qui est la plus en vue. C'est elle aussi qui semble être l'héritière des chiens de bergers venus de la péninsule ibérique. Une étude faite en 1983 nous confirme le sens dans lequel s'est faite la transmission génétique.
En effet, cette année là, des échantillons de sang ont été prélevés sur 56 Bergers d'Islande afin de déterminer l'origine de la race. Les résultats ont confirmé ce que les écrits nous laissaient supposer: le Berger d'Islande partage ses origines avec les races scandinaves (Stefán Aðalsteinsson 2005:9; Stefán Aðalsteinsson 2004:26 - http://www.island-dog.com/id17.html). Le Berger d'Islande vient bien de Norvège.

Si la thèse du Berger Basque est retenue pour expliquer l'origine du socle historique du Colley et des races bergères britanniques, nous trouvons alors, avec le Berger d'Islande, le chainon manquant qui explique pourquoi le Colley est devenu ce qu'il est aujourd'hui. Les marques blanches par exemple s'expliquent par l'apport islandais alors que le berger basque en est dépourvu. De même que le facteur blanc apporté par le berger islandais. Rappelons que le facteur blanc était très présent chez le Colley au milieu du 19ème siècle. Le Colley blanc était également courant à cette époque. La reine Victoria en possédera 14. Beaucoup plus rare est cette teinte chocolat que l'on trouve parfois chez le Colley. Dareen Bridge, éleveuse anglaise sous l'affixe Emsmoor et grande spécialiste du Colley, estime qu'il existerait chez le Colley un facteur rouille. Le Berger islandais aurait pu léguer cette couleur chocolat, ou marron, au Colley. Des gènes qui, peut-être combinés à d'autres, viendraient de temps en temps nous rappeler cet apport islandais en altérant la couleur normale de la fourrure du Colley. Certains tricolores sont parfois très roux, mais il arrive aussi que le noir deviennent presque chocolat.

Autre apport du berger d'Islande: le port d'oreille porté haut et droit, à l'inverse de celui du berger Basque.
Le Colley doit avoir les oreilles droites, mais pliées au tiers de leur longueur. Tous ont aujourd'hui ce port, mais qui pose parfois de gros problèmes car les oreilles ont souvent tendance à vouloir rester droites. Or, des oreilles droites sont un point de non confirmation. Pourtant, le Colley du 19ème siècle n'avait pas un port d'oreilles particulièrement défini. Old Cockie, un des piliers fondateurs de la race, avait les oreilles tombantes. De même que le port du fouet qui est en opposition entre berger Basque et Islandais. Le fouet doit tomber et s'il se relève, il ne devrait pas dépasser la ligne de dos. Ce qui est généralement le cas lorsque le chien cours ou trotte sans recevoir d'excitation particulière. Stimulé, le jeu par exemple, ou la présence proche d'un autre mâle provoquant une rivalité, et nombreux sont les Colleys à présenter un port de fouet très haut, et même enroulé sur le dos. Ce qui est jugé comme étant un défaut. Peut-être le devons nous à l'apport du berger islandais alors que le port naturel a été donné par le berger Basque. Notons que de nombreuses gravures montrant le Colley en mouvement le montrent avec un port de fouet proche de celui du berger d'Islande. Voir ci-dessous les gravures faites par Bewick en 1790 dans son Histoire générale des quadrupèdes.
Notons aussi, pèle-mêle, le caractère du berger d'Islande qui est un chien très doux, très calme. Sa gentillesse en fait un chien extrêmement sociable, gai et équilibré.
La fourrure est double avec un sous-poil dense et un poil plus long et plus dur qui ne s'enmêle pas, sauf derrière les oreilles, comme chez le Colley. Sa fourrure, autonettoyante ne nécessite pas de gros brossage, tout comme pour le Colley. La mue est nette...Comme chez le Colley. Il a fréquememnt un double-ergot aux pattes arrières. Particularité que l'on retrouve aussi parfois chez le Colley. ce qui n'en fait pas une particularité, le double-ergot semblant être une constante au sein des races bergères. Rev JG Wood, dans son "Illustrated Natural History (Mammalia)", publiée en 1853, y fait même mention, écrivant que le double ergot des chiens de berger anglais et ecossais est généralement double.

Et il adopte souvent une position couchée (voir ci-dessus à gauche) avec les pattes arrières symétriquement étendues à 90° par rapport à l'axe du corps. Position que l'on voit aussi fréquemment chez le Colley (photo ci-dessus à droite).

 

The Cumberland Sheepdog, prototype du Border Collie?

Le New York Times relate dans son édition du 6 novembre 1881 l'incroyable histoire d'un Cumberland Sheepdog qui a réussi à retrouver 400 moutons pris dans une tempête de neige en 1807. (à lire ici, la coupure de presse scannée et archivée par le journal)
Cette race qui avait une solide réputation de chien de berger était principalement utilisée sur la côte est du nord de l'Angleterre autour des monts Cheviot. Cette chaîne montagneuse sépare l'Angleterre de l'Ecosse s'étend sur une soixantaine de kilomètres du nord-est vers le sud-est. Elle est surtout connue pour le mur d'Hadrian et pour la race de moutons Cheviot. C'est l'ensemble de cette région au sud de Glasgow qui forme les Highlands du Sud, encore appelée Borders (limites).

Le Cumberland Sheepdog est une race aujourd'hui disparue. Lord Lonsdale, admirateur de la race a tenté de la sauver de l'extinction et aurait en 1899 essayé de faire des croisements avec le Berger Allemand. (Plus d'informations, cliquez ici).
Légende ou réalité? De tels mariages laissent perplexe sachant que toutes les régions des alentours abritaient de nombreux chiens de bergers aux origines proches.!
Quant à la physionomie de ce chien....Difficile d'y voir une différence avec le Border Collie.

 

Tout au long du Moyen-Age le paysage anglais évolua considérablement avec, notamment, la destruction des grandes forêts royales au profit de prairies.
De tels changements des pratiques agricoles ont provoqué la disparition progressive de nombreuses variétés primitives de chiens de troupeaux. Ils ont aussi favorisé la concentration et l'émergence des races bergères contemporaines.

Smithfields, Bearded, Dorset Sheepdogs, Galway collies (dont est originaire le fameux Trefoil), Highland collies, Manx Sheepdogs, Welsh Grey collies ou le Welsh Hillman sont au nombre des chiens de bergers du type collie issus de ces changements. Inversement, de nombreuses variétés ont aussi disparu au fil du temps: Harlequin Collie, the Bob-Tailed Collie, Rutherford North Country Collies, the English Handy dog, Dorset Sheepdog, (Scotch Collie), Ban Dog, The Highland Collie, Welsh Hillman, (Fox Collies) pour n'en citer que quelques unes.


(Welsh Hillman)


(Welsh sheepdogs)

 

Les lurchers, ou un soupçon de sang de lévrier.

La reine Victoria pratiqua de nombreux croisements dans ses chenils, et notamment des mariages entre des Collies et des lévriers. Le Barzoï, mais sans doute aussi avec d'autres races de lévriers.
Nous pensons toutefois que l'influence sur la physionomie du Colley qui est supposée avoir été apportée par ces croisements doit être relativisée. Elle n'aura pas assez de Colleys au cours de sa vie pour insufler significativement un changement durable de la morphologie globale de la race.

Fait moins connu, des croisements ont été réalisés entre des lévriers et des chiens de bergers afin d'obtenir des animaux habiles pour le braconnage. Appelés Lurcher, ils ont été croisés dès le 17ème siècle. Les combinaisons les plus courantes étant les mariages entre des Greyhounds avec des Collies ou des Terriers. Le plus recherché des croisements restait cependant celui fait entre le Scotch lévrier (Scottish Deerhound) et le Scotch colley (Colley d'Ecosse). Le lévrier apportant sa rapidité et le Colley sa rusticité, sa fidélité et son obéissance. Ces chiens, compagnons des braconniers, étaient très habiles, agiles, et disciplinés. Même les faisans et perdrix étaient fréquemment capturés par les lurchers.
Parfois les lurchers étaient utilisés pour veiller sur la propriété ou la maison, et même pour la garde et la conduite des moutons.

 

Quelques représentations de ces chiens de bergers du type collie:


Smooth collie        et        Rough collie

 

 


1882: le Champion Rutland
(photo issue du livre Rough Collies of Distinction, cliquez ici)

 

Le Setter Gordon

Le Kennel Club donna à la race le nom officiel de Setter Gordon en 1924. Avant cette date, ces chiens étaient connus sous le nom de Setters noirs et acajou (Black and tan). Au début du 19ème siècle, vers 1820, le Marquis de Huntly (qui deviendra plus tard Duc de Gordon) élevait des Setters et rcherchait à en améliorer les capacités pour la chasse. Ayant entendu parler des prouesses réalisées par une chienne Colley (ndlr: Collie, en 1820, correspondait à la souche globale du chien de berger en Ecosse et dans tout le nord de l'Angleterre: Le working Collie) pour attraper les oiseaux, il l'acheta et l'aurait fait saillir par l'un de ses meilleurs Setters. Il est un fait établi que les Setters du duc étaient de différentes couleurs: noirs, tricolores et noir et acajou. Le Duc avait une préférence marquée pour le noir et acajou et a toujours privilégié et encouragé l'élevage des chiens de ce type plutôt que les autres. Alexander Gordon, 4ème Duc de Gordon mourut en 1827. Le 5ème Duc de Gordon, George, disparaitra à son tour quelques années plus tard, en 1836. Au cours de cette période l'élevage a été réduit, dispersé probablement parmi les amis du Duc.


A la mort du dernier Duc en 1836, l'élevage fut complètement arrêté et les 11 Setters seront vendus. 1 seul était noir et acajou. 7 étaient noir et blanc (dont 2 chiots), 1 noir, 1 tricolore et 1 rouge.
Margaret Osborne, dans son livre The Collie (1965), fait mention de cet épisode écrivant que le Setter Gordon actuel tire ses origines d'un croisement avec un Colley. Elle estime également comme hautement probable la possibilité que des éléments issus de ce (ou ces) croisements auraient ensuite été utilisés dans des mariages avec des Colleys. Ce qui signifierait que le Colley doit aussi une petite partie des ses origines au Setter black and tan qui deviendra le Setter Gordon. (Margaret Osborne The Collie 1965 (revised by Aileen Speding) Tenth Edition - Popular dogs).
Nous citons plus cet épisode historique de l'histoire du Colley au titre d'anecdote afin de bien montrer que le brassage génétique était très important avant l'émergence officielle des races à partir de 1870. Seul comptait l'aptitude d'un chien à exécuter une tâche. Contrairement au berger d'Islande qui est un chien de berger et apportait ses qualités aux races bergères britanniques, le Setter n'apportait rien au Colley. Au contraire, c'est le Collie qui a été utilisé dans l'espoir d'apporter quelque chose au Setter. On imagine difficiellement des bergers prendre le risque d'introduire des qualités d'un chasseur chez un chien de troupeau.

 

Le Flat Coated Retriever

Le Flat Coated s'appelait à l'origine Wavy-Coated retriever. Il viendrait de Terre-Neuve où il était utilisé pour aller chercher le poisson dans les eaux glaciales. Suite à un surnombre de ces chiens sur les îles de Terre-Neuve, de nombreux chiens arrivèrent dans le port d'attache des Terre-Neuvas: Poole en Angleterre. Aucun type morphologique particulier ne se dégageait de cette population. Toutefois certaines particularités apparaissaient qui, sélectionnées, ont amené plus tard à la création du Terre Neuve, du Landseer et du Flat Coated. C'est Sir Evelyn Shirley, fondateur du Kennel Club, qui améliorera significativement le Wavy-Coated en procédant à différents croisements avec le Setter, le Labrador et également avec le Collie. Une telle éventualité est très probable puisque Sir E Shirley, passionné de cynophilie, fondateur du Kennel Club, avait un élevage conséquent de Colleys et produisit notamment Trefoil et Shamrock...2 chiens qui sont les bases fondatrices irlandaises du Rough Collie.
Nombreux sont ceux qui acréditent cette thèse en voyant l'apport du Collie dans la forme particulière de la tête et la discrétion du stop.

Références documentaires:

  • Dareen Bridge - Collie Tree, cliquez ici
  • Iris Combe (TILEHOUSE) – Collies Yesterday & Today
  • Iris Combe (TILEHOUSE) – Herding Dogs - Their Origins and Development in Britain
  • Combe - Bridge - Hutchinson – Rough Collies of Distinction, cliquez ici
  • Combe - Hutchinson – The Rough Collie in Society
  • Christian Jeunesse - Les animaux dans les pratiques funéraires au Mésolithique - Association pour la Promotion de la Recherche Archéologique en Alsace - 2001
  • Margaret Osborne - The Collie (1965)

 


Avant propos
Introduction
Dans la nuit des temps
La domestication du chien
La Néolithisation
Avant l'arbre, la graine
Euskal Artzain Txakurra...
L'influence romaine
Les Vikings et le Buhund
Entre chiens et loups
Le climat a tout orchestré
1800-70, the Farm Collie
Le musée virtuel
1881, le Colley est né


1870-90, les précurseurs
Working or Show dog
1891, Charles Cruft
La piste irlandaise
1914-18, chien de guerre
1938, Lassie
1940-45, Beulah's
1945-60, les piliers
1960, Satine of Simbastar
1962, année mythique
Le Collie blanc
Le Smooth Collie


France, les débuts
1936, Cabrenysset
Hommage du Club à R.Moli
En charmante compagnie
1949, Mandailles
1971, Chantal Lusson
1980, Florange
1990, le firmament
1991, la tragédie
Des chiens, Merideon
Merideon, son influence
Des chiens, Dany
Des chiens, Edward
Des chiens, Flash Black
2003, le bleu s'impose
Le hasard n'existe pas
Lignées et couleurs


Retrouvez dans cette rubrique l'histoire d'éleveurs célèbres ainsi que celle de leurs chiens.
Maillons essentiels dans l'évolution de la race, ils sont indissociables.

Moments d'anthologie

 

 

 
   
 
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