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L'arbre généalogique du Colley.
L'influence romaine.
Ils n'ont foulé ni les terres écossaises, ni celles d'Irlande qui sont les terres d'implantation des futurs Colleys. Pourtant leur rôle peut être considéré comme majeur dans le développement des races canines.
De par le niveau élevé de leur culture, et par l'étendue de leur empire, ils avaient tous les atouts pour dynamiser durablement l'élevage canin. Ils ne s'en privèrent pas. Les Romains sont passionnés par les animaux domestiques et sauvages.
Leur vaste empire, et la diversité des régions qui en font partie facilitent cet engouement au point qu'un édit daté du IIème siècle av JC vienne interdire les chiens, sangliers, loups, ours, lions et toute autre espèce susceptible d'être
dangereuse dans les lieux publics où ils pourraient causer du dommage à quelqu'un (Code Justinien - Digeste XXI, 1 et Institues IV,9,1).

"L'évidence archéologique d'un véritable élevage canin - à savoir l'occurence répétée de morphotypes distinctifs similaires - n'apparaît pas en Europe avant la période romaine" reconnaît l'archéozoologue
Susan J Crockford. Même si une importante étude réalisée sur les vestiges osseux de 2000 spécimens exhumés sur 200 sites italiens montre que la variabilité de taille, un des marqueurs ostéologiques du phénomène de
raciation, est déjà présente à la Préhistoire et va s'accroître à l'Age du Bronze et à l'Age du Fer. Puis de manière encore plus marquée durant la période romaine. C'est au cours de celle-ci qu'apparaissent
des chiens nains ou d'autres aux museaux courts.
(Susan J Crockford, archéozoologue, a notamment écrit Dogs through time et Rythms of life).
Nous ne parlons pas alors de races au sens où ce terme implique aujourd'hui (depuis 1873) un cloisonnement des patrimoines génétiques selon des caractères morphologiques parfaitement établis et détaillés.
Il semble que la sélection ait alors reposé sur un vaste brassage facilité par l'étendue de l'empire romain. Les importantes données archéologiques confirment cette hypothèse que l'on retrouve dans les écrits.
Le but est d'obtenir les auxiliaires les plus efficaces possibles. Les auteurs latins préconisent l'importation et le croisement entre les chiens venus de tout l'empire. Grattius recommande d'accoupler ces races diverses en concluant "Prenez la fleur des qualités
de chacun, et vous la retrouverez dans leurs rejetons".(1)
La différenciation est ainsi opérée chez les Romains entre chien de protection de troupeaux et chien de garde. Columelle estime que "Se pourvoir d'un chien est parmi les premières choses qu'un agriculteur doit faire, parce que ce sera lui qui gardera
la ferme, ses produits, les gens de la maison et les bestiaux".(1)
En 43 après JC, les Romains envahirent à leur tour l'Angleterre, suivis par les Angles et les Saxons en 410 après JC, et finalement les Vikings au cours du 8ème et 9ème siècle. Chacun apportant ses coutumes, son bétail et ses chiens.
Comme l'industrie lainière était vitale pour l'économie des Iles britanniques, les Romains dressèrent et sélectionnèrent leurs chiens à cette tâche essentielle qu'est la garde des troupeaux.
Occasionnellement il était nécessaire de reconstituer les troupeaux par des importations depuis les autres contrées de l'Empire Romain: le pourtour de la Méditerranée et de la Mer Noire. Les troupeaux étaient accompagnés de bergers et
de chiens au poil court, dense et rêche nécessaire pour les protéger des intempéries. Les chiens de bergers au poil court (les ancêtres des smooth collies.?) avaient un caractère affirmé et étaient sélectionnés pour
la garde du bétail, des chevaux et des grands troupeaux de moutons.
C'est ainsi qu'une grande variété de chiens de travail se développa. Ils avaient le poil aussi bien long que court.
Aidi et chien de Canaan.
Ces 2 races de chiens ont certainement contribué au développement des races bergères utilisées par les Romains. Déjà présents à l'époque romaine, ils sont utilisés pour la garde des troupeaux ou pour la défense
par les populations locales. Sans doute ont-ils été utilisés par les Romains pour améliorer les aptitudes au travail de leurs propres chiens, à moins que l'inverse ne se soit produit. Les gênes circulaient facilement et librement au sein de
l'empire.! Une mention particulière doit être portée au chien de Canaan, puisque tous les autres chiens, y compris le Berger Basque, semblent bien lui être contemporains. Etant originaire du Croissant fertile, le point de départ de la Néolithisation,
a-t-il participé plus largement au devenir du chien par croisement avec les chiens des autochtones..??? Nul ne le sait pour l'instant.
L'Aidi: Un chien de berger d'Afrique du Nord. Plus qu'une ressemblance avec les bergers britanniques de type colley....Une parenté.!
L'Aidi est une race primitive que l'on trouve dans les montagnes de l'Atlas marocain. Le museau est de forme conique. L'Aidi est vêtu d'une robe de poils d'environ 6 cm de long qui est plus court et plus fin seulement au niveau de la tête et des oreilles. Une crinière
se forme au cou et sous la gorge, surtout chez les mâles. Les culottes et le fouet sont recouverts d'un poil très dense et long. Cette toison constitue aussi une formidable protection dans les combats qu'il est amené à soutenir contre ses ennemis, en
particulier le chacal ainsi que d'autres prédateurs.
Il est utilisé comme chien de garde et de protection dans de nombreux troupeaux de moutons et de chèvres. |
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Le chien de Canaan: Un chien de type primitif utilisé par les bédouins pour la garde des troupeaux et la protection des biens et des habitations.!
Il s'est développé sous l'influence de la sélection naturelle dans une zone relativement limitée qui correspond au territoire actuel dIsraël, sur lequel vivent encore à l'état sauvage un certain nombre de sujets.
Une tombe retrouvée dans ce pays à Ein Mallaha, datant de 12 000 ans, contient les restes des corps d'une personne âgée et d'un canidé de 4-5 mois, dont on ne sait s'il s'agit d'un chiot ou d'un louveteau. La disposition des corps (enlacés
dans la mort) montre que la relation entre l'homme et l'animal était déjà très forte à l'époque. Plus proche de nous dans le temps, des tombes datant de 2200-2000 Avant Jésus-Christ ont été mise à jour à
Bene-Hassan. Elles contiennent des fresques et dessins dépeignant des chiens présentant de fortes similitudes avec le Chien de Canaan moderne. Les rochers sculptés trouvés dans Wadi Celoqua montrent des Chiens de Canaan chassant une antilope (1er
au 3ème siècle av JC).
Le type spécifique du Chien de Canaan ne se trouve qu'en Israël. Un peu plus haut, en Syrie, il existe des chiens d'un type similaire, un peu plus lourd et carré, avec des poils plus longs, plus adaptés à un climat plus froid. Plus au sud, les
chiens du désert de Sinaï et d'Egypte deviennent plus léger et fins, culminant dans le type du Pharoah Hound.
Cliquez sur les vignettes pour visualiser en grande taille
  
Pour en savoir plus sur le chien de Canaan:
- Le site du Club français du chien de Canaan, cliquez ici
- le site de l'élevage de Solemel à Laurence Ariès, cliquez ici
- Shaar Hagaï Kennel, élevage de Canaan de Myrna Shiboleth, cliquez ici
- Myrna Shiboleth qui est aussi éleveuse de Colleys, cliquez ici

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Les âges sombres.
Submergés par les grandes invasions (angles et Saxons), les Romains abandonnent l'Angleterre en 410. L'ensemble de l'île bascule dans les âges sombres, l'unité ethnique celte étant perdue.

À partir de 793 (destruction de labbaye de Lindisfarne), les Vikings pillent les côtes anglaises.
Les Danois se lancèrent en premier contre le Jutland occupé par les Francs, par expédition terrestre depuis leur frontière fortifiée. Ils orientèrent leurs conquêtes et leurs pillages le long des côtes de la mer du Nord et de la
Manche. Ils gagnèrent les côtes dAngleterre, et remontèrent le cours des fleuves anglais (lHumber et la Tamise). Ils s'installent dans tout le nord-est de l'Angleterre (prise d'York en 866), de Londres à l'estuaire de la Mersey (Danelaw).
Quant aux Vikings originaires des côtes occidentales de la Scandinavie (lactuelle Norvège), leurs raids et leurs conquêtes concernèrent principalement lÉcosse, lIrlande, les îles Féroé, lIslande et le Groenland.
Les Vikings ne sont pas un peuple : ils nont jamais constitué de nation, mais le terme désigne les navigateurs danois, norvégiens, suédois, islandais, groenlandais, et par extension les peuples scandinaves auxquels appartenaient ces marins.
En 795, les Vikings atteignent lIrlande;
Puis, en 802, ils battent les Écossais et semparent des Orcades, Shetland et Hébrides;
En 820, attaque victorieuse des Vikings de Norvège contre lIrlande, ils sy installent ainsi quà lîle de Man;
En 850, début de la lutte entre Vikings danois et norvégiens pour le contrôle des côtes dIrlande (ils fondent, fin 853, la plupart des villes irlandaises, dont Dublin, Cork et Limerick);
Avaient-ils des chiens avec eux.?? Leur caractère avant tout belliqueux milite pour une réponse négative. Pourtant ils pratiquaient aussi le commerce et devaient bien échanger ou
troquer des chiens et autres animaux entre les nombreuses contrées qu'ils contrôlaient.
Le petit berger Islandais (photo ci-contre) ressemble trop au type Collie pour ne pas avoir quelques-uns de ses gènes dans son sang.! Il aurait été introduit en Islande par les Vikings norvégiens au Xème siècle. Ces mêmes Vikings qui
contrôlaient aussi l'Ecosse, l'Irlande et toutes les îles écossaises.
Cette intégration de l'Angleterre au sein d'un empire maritime nordique dure jusqu'en 1042, date à laquelle la dynastie saxonne revient au pouvoir sous Édouard le Confesseur.
Tout au long du Moyen-Age le paysage anglais évolua considérablement avec, notamment, la destruction des grandes forêts royales au profit de prairies.
De tels changements des pratiques agricoles ont provoqué la disparition progressive de nombreuses variétés primitives de chiens de troupeaux. Ils ont aussi favorisé la concentration et l'émergence des races bergères contemporaines.
Smithfields, Bearded, Dorset Sheepdogs, Galway collies (dont est originaire le fameux Trefoil), Highland collies, Manx Sheepdogs, Welsh
Grey collies ou le Welsh Hillman sont au nombre des chiens de bergers du type collie issus de ces changements.

(Welsh Hillman)
 
(Welsh sheepdogs)
Les lurchers, ou un soupçon de sang de lévrier.
La reine Victoria pratiqua de nombreux croisements dans ses chenils, et notamment des mariages entre des Collies et des lévriers. Le Barzoï, mais sans doute aussi avec d'autres races de lévriers. Et, fait moins connu, des croisements ont également été
réalisés entre des lévriers et des chiens de bergers afin d'obtenir des animaux habiles pour le braconnage. Appelés Lurcher, ils ont été croisés dès le 17ème siècle. Les combinaisons les plus courantes étant
les mariages entre des Greyhounds avec des Collies ou des Terriers. Le plus recherché des croisements restait cependant celui fait entre le Scotch lévrier (Scottish Deerhound) et le Scotch colley (Colley d'Ecosse). Le lévrier apportant sa rapidité et le
Colley sa rusticité, sa fidélité et son obéissance. Ces chiens, compagnons des braconniers, étaient très habiles, agiles, et disciplinés. Même les faisans et perdrix étaient fréquemment capturés par les lurchers.
Parfois les lurchers étaient utilisés pour veiller sur la propriété ou la maison, et même pour la garde et la conduite des moutons.
Quelques représentations de ces chiens de bergers du type collie:

 
 
Smooth collie et Rough collie
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