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Collie online - Historique - Histoire du Colley Mise à jour le 18-01-2008
 

 

 

L'arbre généalogique du Colley.

 

 

La domestication du chien:

Elle apparaît simultanément sur les différents continents et accompagne l'évolution humaine. Une période fondamentale pour notre civilisation commence il y a 12 à 15 000 ans. Une période que les chercheurs appelleront la "révolution néolithique" et qui va durer environ 7000 ans. Il est admis, en ce qui concerne le continent européen et eurasien, qu'elle a pris naissance dans une région appelée le croissant fertile et s'est déplacée vers l'ouest, le nord et l'est au rythme de 25 Km par génération. La révolution néolithique, une expression introduite par l'archéologue australien G Childe, fait référence à un changement radical et rapide de la condition humaine. L'homme est passé d'une économie de prédation (chasse, cueillette) à une économie de production basée sur l'agriculture et l'élevage.


Agriculture, élevage: la révolution néolithique est en marche

 

Les éléments y ont contribué.

Quelques rappels historiques:
La dernière glaciation, la glaciation de Würm, connaît un maximum glaciaire il y a environ 18 000 ans et prend fin il y a 10 000 ans. Elle laisse place à l'époque géologique que nous connaissons encore aujourd'hui: l'Holocène.
De grands changements climatiques se sont alors produits. Le Sahara s'est transformé en désert et de nombreux lacs sont devenus des étendues arides. Les zones habitables se sont décalées vers le nord. Le niveau de la mer était alors 120 mètres plus bas et l'Angleterre, par exemple, était parfaitement accessible à pied. Quant à la calotte glaciaire...Elle couvrait une bonne partie de l'hémisphère nord, atteignant l'Angleterre et recouvrant la moitié de l'actuelle Allemagne. La fin de la glaciation de Würm marque la fin des mammifères géants. La végétation change, le gibier devient plus rare et plus petit. L'actuel Moyen-Orient connaît une période d'humidité relative permettant le développement de civilisations pastorales.

Le figuier serait la première plante cultivée par l'homme au néolithique, dès - 11400 ans selon des recherches menées par une équipe de chercheurs israélo américaine.
Qui dit culture, dit aussi sédentarisation de l'homme qui n'a plus besoin de mener une vie nomade à la poursuite des troupeaux de gibier. L'archéologue Jean-Perrot découvre en 1955 les traces d'un village datant de - 12500 à - 10000 ans à Ein Mallaha au nord d'Israël.

Les plus anciens ossements de canidés identifiés comme étant du chien ont été trouvés dans une sépulture dans la grotte d’Oberkassel, près de Bonn en Allemagne. Ils ont 15 000 ans.
Bien que les preuves de l'existence du chien en Europe augmentent sensiblement à l'époque postglaciaire, on n'en a encore trouvé aucune trace dans la Suisse du Mésolithique. Ses ossements sont en revanche souvent présents dans les sites néolithiques. Les tentatives des archéologues de reconstituer la lignée des races actuelles à partir des ossements préhistoriques sont aujourd'hui abandonnées et il en va de même pour la classification de ces derniers en diverses races. Seule la dénomination "chien des tourbières" (Canis familiaris palustris) est encore occasionnellement utilisée pour désigner un type de chien, petit à moyen, à crâne loupoïde et d'une hauteur aux épaules de 33 à 55 cm, bien répandu dans les stations littorales néolithiques des pays alpins (plus d'infos, cliquez ici). Ce "chien des tourbières", dont les ossements ont été retrouvés dans de nombreuses régions alpines, Suisse, Autriche et Allemagne est généralement considéré comme étant l'ancêtre des chiens de type Spitz et Eurasien.

 

Chien ou loup, comment faire la différence?

La modification de la vie du chien a entraîné un certain nombre de modifications morphologiques de celui-ci par rapport au loup: Réduction de la taille et du volume crânien - allègement général des formes - raccourcissement du chanfrein - aplatissement de la bulle tympanique - modifications dentaires, les dents sont plus petites mais restent larges, présentant une implantation plus serrée. Ces modifications morphologiques sont le résultat d'une évolution, longue sans doute, à proximité de l'homme. Ces chiens mangent une nourriture plus molle que les loups et se déplacent moins que le loup pour les obtenir.

Chien ou loup, comment faire la différence?

Voici une étude réalisée par le Muséum d'Histoire Naturelle de Toulon (cliquez ici)

Le crâne du loup se différencie surtout du crâne du chien par :
La taille des carnassières supérieures et inférieures qui sont entre 15 et 20 % plus grandes que celles du chien. Cela est vital pour un animal qui doit broyer des os de fort diamètre.

L'angle orbital est beaucoup plus fermé chez le loup que chez le chien (environ 15 à 20 %) cela est dû à la projection vers l'extérieur de l'arcade zygomatique, en relation avec des masses musculaires plus importantes chez le loup. Cette mesure est à utiliser avec précaution car certaines races de chiens ont un angle orbital voisin de celui du loup

Enfin, pour des animaux ayant une même longueur de crâne, le volume crânien du loup est en moyenne plus de 30 % supérieur à celui du chien, dont il est l'ancêtre. La diminution de la taille du cerveau chez l'animal domestique, par rapport à son ancêtre sauvage, est un phénomène assez général (qui avait déjà été remarqué par Darwin) et que l'on retrouve chez le porc, le chat et même chez le canard. Cette réduction, et plus spécialement celle du néocortex, traduit le fait que le cerveau de l'animal domestique n'est plus capable d'intégrer autant d'informations en provenance des organes des sens (vision, ouïe et odorat en particulier). L'animal domestique a une perception amoindrie du milieu qui l'entoure..

 

L'appréciation de la morphologie d'après des restes osseux vieux de 10 ou 12 000 ans reste toutefois difficile à faire. Le raccourcissement du chanfrein n'est effectif qu'en sa partie antérieure sur ces premiers chiens, ou du moins identifiés pour l'être. L’archéozoologue et écrivain Achilles Gautier ("La domestication - Et l'homme créa l'animal…") écrit ceci:

  • La découverte d'Oberkassel « faite dans une double sépulture qui contenait les restes d'un homme assez âgé et d'une jeune femme. Le canidé est représenté par plusieurs vestiges dont un fragment de mandibule identifiée depuis plusieurs décennies comme étant celle d'un loup. Elle a été à nouveau analysée, à Cologne, par Günther Nobis. Or, cette mandibule se distingue de celle des loups du paléolithique supérieur de l'Europe centrale par sa taille plus petite. De plus, les deuxième et troisième prémolaires manquent et les alvéoles correspondants sont absents, ce qui pourrait indiquer une anomalie congénitale. On a donc conclu au statut domestique de la mandibule d'Oberkassel d'après ces deux critères : la taille médiocre et la présence de modifications pathologiques...
  • Une deuxième trouvaille, également en Europe, publiée pour la première fois en 1974, provient des couches magdaléniennes (11 000 avant J.C.) de la Kniegrotte ou " caverne du genou " en Thuringe (Allemagne). Dans cette grotte, ont été trouvés plusieurs ossements de canidé. D'après l'archéozoologue tchécoslovaque Musil, ce canidé se distingue ici encore du loup du paléolithique supérieur européen par sa petite taille, mais aussi par le resserrement des dents jugales...
  • Deux trouvailles du Proche-Orient nous intéressent plus spécialement. La première concerne un tout jeune canidé déposé dans la tombe d'une personne âgée dans le site natoufien d'Aïn Mallaha en Israël (photo ci-dessus); l'inhumation aurait eu lieu il y a 13 500 ans. Ce canidé est trop jeune pour que l'on puisse décider de son identité : louveteau ou chiot. Il souligne, néanmoins, les rapports affectueux qui ont pu exister entre hommes préhistoriques et jeunes animaux. »

Restons objectifs, nous laisserons les archéologues débattre entre eux pour déterminer quel est le plus vieux chien retrouvé. Il reste un trou noir de 90 000 ans sans aucune information disponible à son sujet. Nous pouvons penser, comme cela à été avancé, qu'une mutation génétique intervenue il y a 100 000 ans chez un loup à permis à sa descendance de supporter et de s'adapter progressivement à la proximité permanente de l'être humain. Le loup ne peut pas être domestiqué, à la différence du chien. Cette lente évolution, appelée pédomorphose par Darcy Morey, (L'origine du plus vieil ami de l'homme), archéologue à l'Université du Kansas, se traduira par les modifications morphologiques exposées ci-dessus résultant d'un rapprochement de ces ex-loups et futurs chiens.
La domestication du chien répondrait donc à 2 étapes préalables:

  • Le commensalisme (du latin co-, « avec » et mensa, « table », e.g. « compagnon de table ») qui est une association entre 2 êtres vivants. L'un tirant parti de l'autre mais en lui apportant aussi quelque chose en échange.
  • Puis vient la phase d'apprivoisement.

Achilles Gautier avance 2 autres théories. "L'étude des rapports entre aborigènes australiens et dingos révèle la possibilité d'une autre fonction peu connue. Pendant les nuits très froides du désert australien, hommes et dingos se blottissent les uns contre les autres afin de mieux se tenir chaud.
Enfin, certains attirent l'attention sur le rôle psychologique du chien comme animal de compagnie, qui aide l'homme à conserver son équilibre psychologique. Plus spécifiquement, les jeunes chiens pourraient avoir été des substituts d'enfants. Tout comme les groupes humains récents vivant de chasse et de cueillette, l'homme du Paléolithique se trouvait confronté à une mortalité considérable de nouveau-nés et de jeunes enfants. Les chiots jouaient-ils alors un rôle dans l'apaisement des mères concernées ?". Cette seconde hypothèse pourrait s'appliquer aux 2 squelettes trouvés à Ein Mallaha.!

Actuellement, sur la base d'analogies avec les sociétés humaines contemporaines vivant selon un mode préhistorique, on pense plutôt que de jeunes louveteaux ont été ramenés au campement.
Ces animaux faisaient l'objet de soins de la part des femmes et étaient conservés pour diverses raisons: affectives ou pratiques comme le pense Achilles Gautier, alimentaires, religieuses… Le chien aurait donc été au départ un animal de compagnie. Plus tard seulement, on se serait rendu compte de leur utilité pour la garde et la chasse.

 

Le phénomène d'acculturation.

La néolithisation s'est répandue dans toute l'Europe au rythme de 25 Km par génération. De meilleures conditions de vie ont favorisé l'expansion démographique. Si l'élevage et la culture des sols sont un progrès indéniable pour l'homme, la chasse reste vitale pour sa survie. Les migrants se fondent peu à peu dans le tissu humain local apportant leur savoir, mais apprenant aussi les techniques des populations locales. C'est le phénomène d'acculturation.
Sur le trajet du courant rubané, les hommes ont traversé l'habitat d'un chien (ou l'ancêtre d'un chien) qui a été appelé canis familiaris palustris du nom des tourbières dans lesquelles ses ossements ont été retrouvés. Son habitat couvrait tout le massif alpin mais allait bien au delà.
Les fouilles réalisées sur le site de Chalain en France entre Jura et Bresse ont permis de retrouver des colliers réalisés avec des dents de carnivores (ours, loup et chien) et plus fréquemment de petits os perforés de carnivores, où le chien et le loup, bons chasseurs en meute, sont les mieux représentés. (visitez le site web consacré aux fouilles de Chalain en cliquant ici)
Les plus anciens découverts à ce jour sur le territoire de la Suisse actuelle proviennent de la station magdalénienne d'Hauterive-Champréveyres au bord du lac de Neuchâtel et datent d'environ 13000 av. J.-C..
Les archéologues retrouvent des traces de ce chien bien au delà des paysages alpins. Dans la vallée de la Cisse (Loir-et-Cher) par exemple "Au sein de cet ensemble, les restes d'animaux sauvages dominent largement, contrairement à ce qui est classique pour les sites de cet âge. Ainsi, l'espèce la mieux représentée est le cheval (Equus caballus). La forme domestique la plus abondante est le boeuf (Bos taurus brachyceros), suivi à égalité par le mouton (Ovis aries palustris) et le chien (Canis familiaris palustris). Certains spécimens de cette dernière espèce ont été consommés" La faune néolithique de la région d'Averdon, vallée de la Cisse

 

 

 


Ossements de chien retrouvés à Chalain (30eme siècle av JC)


Dents d'ours et de chien
destinées à être montées
en collier.
(Chalain 30eme siècle av JC)

 


Pendeloques sur petits os
de chien et de renard.
(Chalain 31eme siècle av JC)

A voir sur le site
consacré aux fouilles,
cliquez ici

 

 

Le chien accompagne donc l'homme dans son expansion. Chien dont la condition n'est pas spécialement enviable. Il est une aide pour la chasse ou la protection des biens et du bétail...Accessoirement il est une réserve de nourriture pour l'homme. Il doit donc se croiser librement avec les chiens qui accompagnent les nouveaux arrivants, et inversement. Notre actuel chien de Canaan (voir page suivante) a peut-être accompagné les hommes partis du Moyen-Orient en direction de l'ouest. Sans doute s'est-il accouplé aux chiens rencontrés tout au long de la route. A-t-il rencontré ce canis familiaris palustris avec le courant rubané? A-t-il rencontré le futur Euskal Artzaik Txakurra avec le courant cardial arrivé en France par le sud?. Se sont-ils rencontrés une nouvelle fois à la frange de la civilisation des mégalithes (arc atlantique) avec les néolithiques du rubané installés dans toute la France du centre et du nord?
Le phénomène d'acculturation a forcément favorisé le brassage des différents canidés aboutissant, après quelques milliers d'années, à une diversité dans les types canins encore plus grande.

 

Toutes ces découvertes prouvent que la domestication du chien ne vient pas d'un endroit en particulier mais accompagne l'explosion humaine partout sur Terre. Le changement observé au Moyen-Orient l'est aussi en Chine du nord, au Sahara et dans la Cordillère des Andes. Les fouilles archéologiques semblent d'ailleurs montrer que la domestication du loup a commencé simultanément sur tous les sites où vivaient ces hommes "nouveaux" et que plusieurs sous-espèces de loups ont permis de diversifier l'animal qui allait devenir le chien.

 

 

Références documentaires:


Avant propos
Introduction
Dans la nuit des temps
La domestication du chien
La Néolithisation
Avant l'arbre, la graine
Euskal Artzain Txakurra...
L'influence romaine
Entre chiens et loups
1800-70, the Farm Collie
Le musée virtuel
1881, le Colley est né


1870-90, les précurseurs
1891, Charles Cruft
La piste irlandaise
1914-18, chien de guerre
1938, Lassie
1940-45, Beulah's
1945-60, les piliers
1960, Satine of Simbastar
1962, année mythique
Le Collie blanc
Le Smooth Collie


France, les débuts
1936, Cabrenysset
Hommage du Club à R.Moli
En charmante compagnie
1949, Mandailles
1971, Chantal Lusson
1980, Florange
1990, le firmament
1991, la tragédie
Des chiens, Merideon
Merideon, son influence
Des chiens, Dany
Des chiens, Edward
Des chiens, Flash Black
2003, le bleu s'impose
Le hasard n'existe pas
Lignées et couleurs


Retrouvez dans cette rubrique l'histoire d'éleveurs célèbres ainsi que celle de leurs chiens.
Maillons essentiels dans l'évolution de la race, ils sont indissociables.

Moments d'anthologie

 

 
   
 
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