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Jami... :

(19-11-2008) 

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Bonjour les amis,

 

On vous l'avait chuchoté la dernière fois qu'on s'est causé : si on ne devenait pas trop moche, nous irions en exposition. Eh bien, figurez vous que c'est maintenant chose faite!
Depuis quelques jours, notre maître, " Daddy-l'observateur ", y nous regardait pas tout à fait comme d'hab. Il avait l'air assez satisfait de nous. Pourquoi ? ça, on ne le sait pas vraiment. Toujours est-il qu'il a pris soudain la décision de nous inscrire à une exposition canine. Quelques mouvements saccadés de souris sur le petit tapis en mousse de l'ordinateur et hop ! nous voilà aussitôt programmés pour un voyage, classe pupille, tout près des plages du débarquement…
Week-end mémorable, assurément!


L'aventure commence la veille, par une inspection générale et minutieuse du chignon, de la toison et… du croupion. Nombreuses frictions en aller et retour de " Daddy-l'énergique " muni de sa redoutable brosse métallique afin de gommer le désordre apparent du pelage. En prime, tous les soins périphériques dont je vous ai parlé la dernière fois, mais en un peu plus zélés…
Dimanche matin, réveil en fanfare à cinq heures " pile poil ", bien avant le chant de notre coq gaulois (revendication dudit volatil passablement vexé : pourquoi ne dit-on jamais " pile plume " ?).
Sortie sanitaire donc obligatoire, dans le noir, le froid et la pluie. Brrrrr !!!!!
Il s'écoule encore une petite heure de préparatifs divers avant que l'on soit niché dans le coffre…
Au terme d'un voyage plutôt longuet durant lequel Mimi ne va pas cesser de faire son intéressante en crachouillant des bulles comme si elle avait avalé une savonnette, on arrive au petit jour sur un immense parking animé de voitures, estafettes et fourgons en tous genres. On en voit descendre précipitamment des centaines de chiens et " assimilés " car tous ne nous ressemblent pas vraiment.
Ici, des tout petits, très en colère s'agitent et s'égosillent dans des sortes de cages à oiseaux, empilées sur des diables à roulettes. Là, des monstres avec un gros pif, aux oreilles pendantes et aux babines qui dégoulinent. Ces costauds ont l'air de tracter des gens qui sont au bout de la laisse et qui tentent vainement d'avancer en position verticale. Super marrant ! J'ai repéré aussi des tout frisés avec des Kway et des bottines, au look de marins bretons un jour de tempête.
Débute alors un laborieux slalom entre les gens, les bêtes, les voitures, les arbres, les flaques d'eau et, pardonnez-moi, les " choses ", souvent molles et toutes encore fumantes , nauséabondes - Pouah ! - (Je réalise soudain pourquoi nous sommes à jeun depuis hier ! Tous les maîtres feraient bien, à la prochaine excursion, d'imposer à leurs protégés cette même discipline, simple et…salutaire pour tous.)
La foule à deux jambes et celle à quatre pattes semblent maintenant aspirées vers le vaste hangar. Là, devant la porte, une queue longue comme ça car un monsieur et une dame contrôlent nos passeports. Brève vérification et ils acceptent gentiment de nous laisser rentrer. Waouf !


Le concert d'aboiements à peine supportable dehors devient ici carrément intolérable : il est en super stéréo et beaucoup trop amplifié par la résonance de cet immense caisson. Pour un peu, on tenterait même de s'échapper ! Un rapide coup d'œil sur le catalogue, puis sur le plan, et on se dirige enfin vers un autre hall. Soudain, je repère des colleys un peu comme nous, mais d'une autre couleur. Allons, Jojo, ne perd pas la face ! J'avance fier comme Artaban, avec le pas assuré d'un rôdé de la discipline. Du coin de l'œil, je surveille ma Mimi et j'observe que sa tête, à la manière d'un gyroscope, se visse et se dévisse sur 360° pour mieux profiter du spectacle. Ah ! les filles, toujours aussi curieuses…
Dans l'urgence et la précipitation réunies, " Daddy-l'enquêteur " va tenter maintenant de repérer le bon numéro de notre cage. Mais tout a l'air savamment mélangé. Le " 212 " avoisine le " 615 " qui, lui-même côtoie le " 38 "... Bizarre ! Bizarre ! Ca doit être encore un nouveau passe-temps de chez les humains... " Daddy-l'agacé " décide soudain d'interrompre ce jeu stupide et décrète que notre refuge sera celui qui est précisément devant lui. Il substitue discrètement le numéro déjà en place par celui qu'il a déniché dans l'enveloppe des douaniers ! Ni vu, ni connu, j't'embrouille …
Ce qui nous donne droit à la pause souriante de " Daddy-le malicieux ".
On peut ainsi prendre nos quartiers dans cette sorte de cage à fauves - et à courants d'air- pour boire un bon coup d'eau fraîche, bien mérité après ces toutes premières émotions.

Mais la pause est de bien courte durée : on se retrouve assis sur une table basse prêtée par des amis pour y subir une nouvelle séance de manucure, destinée cette fois à ôter le sable rouge qui nous colle aux pattes.

C'est notre Mimi nationale qui va ouvrir le bal avec deux autres copines du même modèle. Un peu intimidée, elle s'approche de Madame la Juge qui la regarde en souriant. " Quel joli nounours ! " s'exclame-t-elle tout en lui caressant doucement la tête. (Je crois que c'est aussi pour voir si le crâne est bien plat …) Comme le véto, elle relève doucement ses babines - celles de Mimi, pour ceux qui ont du mal à suivre…- vérifie les dents, puis tâte le dos, les pattes de devant, celles de derrière, et tend légèrement la queue.
Intermède musical :
" ¯Et la queue, ¯et la queue, ¯alouette, ¯alouette…¯ "

Un coup d'œil à l'ensemble, quelques mots à celle qui doit être une amie. Celle-ci griffonne: " Super caractère, une tête belle à craquer sinon à croquer… " Bof ! Ce n'étaient surtout pas des choses à lui dire ! j'vous raconte pas les chevilles qu'elle aura en rentrant au bercail…
Vient l'instant de la promenade. Elle consiste en un aller et retour suivi d'un p'tit rond sur place. Et c'est tout ! On en fait plus à la maison, ça, c'est sûr ! " Daddy-l'économe " cède encore quelques miettes et, comme prévu, Mimi le dévore des yeux, à défaut de pouvoir s'en régaler.
C'est donc ça une exposition ! Depuis le temps qu'on m'en rabat les oreilles. Je ne vois pas ce qu'il y a de très compliqué là dedans...


Ce sera mon tour une heure après, mais avec un Monsieur, bien entendu. Même cinéma, même résultat. Sauf que moi, j'ai maintenant l'avantage d'en savoir un peu plus sur le programme des réjouissances. Je me concentre à l'extrême pour mériter le biscuit sec qui sort de la poche droite, mais, hélas, toujours aussi fragmenté. Ma queue bat la mesure comme le balancier d'un métronome et ce mouvement trahit mon impatience... Le juge me palpe aussi de partout. Il réclame enfin le petit parcours de santé. Là, je m'y attendais ! Et je trotte plus joyeusement que Mimi pour montrer tout mon savoir-faire. Nigaud, imbécile, stupide le Jojo ! Fatale erreur ! Sur le slip (ne me demandez pas pourquoi ça s'appelle comme ça…), il est écrit : " Ensemble très flatteur, un fouet d'excellente longueur mais qui a tendance à s'élever en mouvement.. ! "
Zut ! Pas commode d'être de bon poil sans devoir le montrer !

Midi. Pause repas. Encore un privilège pour les maîtres !
Après-midi : Alternance de siestes sur le tapis de cage et de balades dans les allées pour découvrir les autres invités de la journée. Pour la plupart, ils somnolent. Ils semblent totalement résignés et ne le cachent d'ailleurs pas. D'autres sont encore perchés sur le guéridon de chez la " coiffeuse poudreuse " et attendent le nuage de laque final et salvateur. Enfin, quelques rares forcenés, échappés de je ne sais quel zoo, se jettent brutalement sur tout ce qui bouge en vociférant des insultes. " Tel chien, tel maître !" On serait bien inspiré de se méfier aussi de leurs propriétaires…
Que voulez vous mes chéris, tout fout'l'camp, même les bonnes manières ! Alors, bien content d'être un colley ! Dans ce grand magasin fourre-tout, je n'ai guère trouvé mieux aujourd'hui.

A seize heures, distribution des oscars aux " très prometteurs " que nous sommes devenus très officiellement au cours de cette mémorable journée : deux bols riquiqui, en plastique bleu, au sommet d'un petit pied chromé. Si, si, ça s'appelle une coupe ! Et comme je le suppose, on va dorénavant grignoter là dedans, ça promet… Nous, on aurait préféré le style saladier, soupière, voire marmite ! Pas vrai, Mimi ?
On résume ? Plutôt sympathique, ce premier bol d'air. Mais côté rigolade, alors là, franchement, y'a mieux !
Mais, j'ai entendu parlé qu'à Vincennes…

JOJO & sa frangine MIMI
Propos recueillis avec la complicité de Jean-Claude AGOUTIN

 

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