| La dysplasie de la hanche |
| article rédigé par les
vétérinaires Wanimo.com |
| (Wanimo.com) |
Texte ajouté le
06-05-2003 |
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Le fémur possède une tête qui s'emboîte dans
la cavité glénoïde du bassin.
Elle
y est maintenue grâce à une capsule fibreuse tout autour
de l'articulation, par les muscles de la région (les fessiers entre
autres) et par un ligament dit ligament de la tête, qui la fixe
au fond de la cavité glénoïde.
Lors de dysplasie de la hanche, il existe une laxité excessive
du ligament de la tête, et celle-ci se « promène »
alors anormalement dans sa cavité.
A plus ou moins long terme, ce mal-fonctionnement va déboucher
sur l'apparition progressive d'arthrose, et d'une déformation de
la cavité.
Importance de la maladie
Elle est rencontrée chez de nombreuses races de chien qu'on ne
pourra pas toutes citer: ce sont principalement des chiens de races moyenne
et grande.
Parmi les plus fréquentes, on peut citer: les retrievers (labradors
et goldens), la plupart des bouviers et bergers, le chow-chow, le rottweiler,
le terre-neuve, le staffordshire terrier, le bull-mastiff....
Jusqu'à 20% et plus des chiens de certaines races sont atteints.
S'il ne fait aucun doute que la transmission est héréditaire,
les facteurs d'élevage sont également important dans l'apparition
de la maladie: une alimentation de bonne qualité, bien équilibrée,
en minéraux en particulier (calcium et phosphore), est importante
lors de la croissance de ces chiens de grand format.
De même qu'un excès d'exercice et des traumatismes articulaires
chez des jeunes chiots peuvent favoriser l'apparition de troubles de la
croissance tels que la dysplasie de la hanche.
Le mode de transmission génétique de la maladie est complexe
et il est difficile de dépister la maladie de bonne heure.
L'éradication du problème demande donc beaucoup de temps
et d'effort de la part des éleveurs et de la société
centrale canine (SCC).
Les signes de la maladie
Il est difficile de dépister les premiers signes de la maladie.
Chez les jeunes chiots, on pourra d'abord remarquer une démarche
bizarre, chaloupée (le chien dandine du train arrière).
Toutefois, de nombreux chiots présentent cette démarche,
qui ne présume pas d'une quelconque évolution vers un problème
grave.
Les premières douleurs peuvent apparaître vers l'âge
de 6 à 8 mois, mais elles peuvent également passer inaperçues
et se résoudre rapidement.
Les signes d'appel sont ensuite ceux dûs au développement
plus ou moins précoce d'arthrose.
Le chien présente une boiterie, principalement à froid,
c'est-à-dire le matin ou après être resté longtemps
couché.
Les signes et le développement de l'arthrose sont toutefois très
variables d'un chien à l'autre: certains chiens présentant
une dysplasie très importante (grande laxité articulaire)
ne développeront pas d'arthrose avant cinq ou six ans, alors que
d'autres présentant un léger défaut seront atteints
très tôt et de façon intense.

Le diagnostic
Le vétérinaire peut suspecter cette maladie chez un chien
par un examen rapproché des membres.
Le diagnostic de certitude est posé grâce à la radiographie.
Cette radiographie est réalisée après l'âge
de un an 18 mois chez les races géantes comme le dogue allemand),
car avant, on risque de ne pas détecter la maladie.
Le chien est alors classé parmi les cinq catégories, allant
de A à E, A étant l'absence de dysplasie et E la forme la
plus avancée (la tête du fémur est alors complètement
luxée).
De nombreux clubs de races pratiquent un dépistage systématique
de cette affection par des radiographies précoces.
Le traitement
Comme nous l'avons dit plus haut, les signes de la maladies sont liés
à l'apparition d'arthrose, qui entraîne une douleur de l'articulation.
Le traitement peut être médical ou chirurgical.
Le traitement médical consiste en l'administration d'anti-inflammatoires
qui soulagent la douleur.
Il existe également aujourd'hui de nombreux traitements dits chondro-protecteurs,
sous forme d'injections ou de comprimés et granulés, qui
se font par cure, et permettent de ralentir l'évolution de l'arthrose
et de réduire également la douleur, en synergie avec les
anti-inflammatoires.
Les traitements chirurgicaux sont nombreux, et leur choix doit être
fait pour chaque chien, en fonction de l'individu, de son état
de santé et de l'étendu de son problème.
Présentation:
- La Résection de la Tête et du Col du Fémur ou
RTCF: le vétérinaire retire la tête et le col du
fémur.
L'articulation de la hanche n'existe alors plus, et le membre est maintenu
en place par les muscles.
Cette intervention est très répandue et ne pose pas de
problèmes par la suite; le chien retrouve une bonne mobilité.
Elle doit être pratiquée chez des animaux pas trop lourds
et bien musclés (fessiers).
On peut opérer la deuxième hanche si besoin, quand la
récupération est bonne sur l'autre côté.
- La Triple Ostéotomie du Bassin ou TOB: le vétérinaire
découpe les os du bassin afin de remettre en place la tête
du fémur dans sa cavité d'accueil (cavité glénoïde
du bassin).
Cette opération permet de recréer une articulation correcte.
Elle ne supprimera pas l'arthrose, et ne doit donc être pratiquée
que pour des animaux qui en sont exempts.
- La prothèse de hanche: c'est une intervention encore peu pratiquée
par les vétérinaires étant donné son coût
élevé.
C'est évidemment la solution idéale puisqu'on recréer
une articulation parfaite de la hanche. La récupération
est immédiate et les soins post-opératoires limités.
- La myotomie des pectinés: les pectinés sont des petits
muscles en forme de poire situé dans l'angle interne de la cuisse,
au niveau de l'aine.
Ces muscles sont parfois contracturés en permanence durant l'évolution
de la maladie, car ils sont très sollicités. Il convient
donc, dans certains cas, de les couper afin de soulager l'animal.
- La dénervation de la capsule articulaire: elle consiste à
supprimer toutes les efférences nerveuses sensitives provenant
de la capsule articulaire.
L'articulation perd alors toute sa sensibilité et le chien ne
ressent donc plus la douleur due à l'arthrose. Cette technique,
bien rodée par nos voisins allemands, est encore à l'étude
en France.
Les recours légaux
La dysplasie de la hanche est inscrite sur la liste des vices rédhibitoires
du chien (voir la Fiche Santé sur «Les vices rédhibitoires
du chien» ).
Cette inscription permet à l'acheteur de se faire rembourser intégralement
le chien s'il a été vendu avec ce vice caché.
Toutefois, en aucun cas le vendeur n'est tenu de rembourser les frais
de traitement occasionnés par la maladie s'ils ont été
pratiqués sans son accord.
De plus, le délai légal pour assigner le vendeur en justice,
au tribunal d'instance, est de trente jours francs après livraison
de l'animal. Etant donné l'âge d'achat d'un animal (deux
mois environ) et le développement souvent tardif des signes de
la maladie, il est rare de pouvoir intenter une action en justice pour
ce motif.
Les seuls recours légaux passés ce délai d'un mois
sont en théorie la nullité de vente fondée soit sur
une erreur de la qualité substantielle de l'animal acheté
(le chien ne correspond pas à l'utilisation qu'on voulait en faire,
si tant est qu'elle ait été précisée lors
de l'achat), soit sur le dol (vente d'un objet présentant un défaut
en toute connaissance de cause : encore faut-il le prouver !).
Dans tous les cas, l'idéal est de parvenir à un accord
amiable en contactant l'éleveur.
D'autant que tout ce que vous pouvez obtenir légalement en ayant
recours à ces différentes actions en justice est le remboursement
du chien, en échange de sa restitution; et il n'est pas facile
de rendre un animal avec lequel on vit depuis parfois longtemps.
Par ailleurs, les éleveurs font beaucoup d'efforts aujourd'hui
pour lutter contre cette maladie qui touche de plus en plus de race et
d'individus parmi ces races.
Ils sont donc très attentifs et intéressés par le
devenir de leurs animaux et la qualité de leurs reproducteurs vis-à-vis
de ce vice.
Conclusion
La dysplasie de la hanche est une maladie très répandue
chez de nombreuses races de chien.
Elle est héréditaire, mais son mode de transmission très
complexe ne permet pas de l'éradiquer facilement malgré
les efforts des cynophiles.
De plus, il est clair que des facteurs d'environnement et d'alimentation
interviennent dans le développement de ce trouble, comme pour la
plupart des troubles de la croissance chez les chiens de grande race.
Les symptômes qu'elle entraîne sont liés à
l'apparition d'arthrose plus ou moins importante et précoce.
Il existe plusieurs possibilités thérapeutiques qui doivent
être discutées avec votre vétérinaire.
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