Et laissez nous vivre.!

 

Par pitié, laissez nous vivre....

Balto, colley bleu-merle, n'est plus. Il vient de mourir à la suite d'une anesthésie pratiquée par le vétérinaire qui devait lui faire une radiographie des hanches. Une vie volée pour satisfaire à un protocole de dépistage de la dysplasie de la hanche qui ignore les particularités et la diversité des races. Est-ce satisfaisant? Non, bien sûr. La vie de nos animaux ne peut être mise en jeu afin de satisfaire aux exigences d'examens médicaux, aussi utiles soient-ils.

Anesthésier un chien sans prendre les précautions qui s'imposent lorsqu'il s'agit d'un Colley revient à jouer à la roulette russe avec lui. Personnellement je ne m'estime pas d'autorité pour imposer un tel jeu aux conséquences si funestes à quiconque me demanderait mon avis à ce sujet. Au contraire même: Le risque lié à l'anesthésie, compte tenu de la spécificité du Colley vis-à-vis de cet acte, prime sur toute autre considération.

Comment en est-on arrivé là?

La dysplasie de la hanche est un trouble du développement de l'articulation coxo-fémorale (hanche) du chien. Il a été démontré que l'anomalie est due à une hyperlaxité de cette articulation (laxité: Défaut de tension et de résistance dans les fibres musculaires, conjonctives ou élastiques). La tête du fémur, insuffisament maintenue et guidée dans la fosse articulaire va bouger au niveau des bords de la cavité. Ce phénomène est douloureux et provoque des dépôt anormaux de calcium, de fragments osseux et de l'arthrose conduisant alors à un processus dégénératif. Il s'ensuit un développement osseux anormal, de l'inflammation et de l'arthrose provoquant une boiterie modérée à sévère.

Selon certains experts, tel le professeur Distl (faculté vétérinaire de Hanovre en Allemagne), il serait possible d'affirmer que la génétique serait en cause dans 90 à 95% des cas de dysplasie coxo-fémorale (DCF). Les effets externes n'intervenant que pour 5 à 10% des cas.

A l'opposé, d'autres experts formulent des hypothèses inverses. C'est ainsi qu'un article publié en 1996 dans la revue vétérinaire renommée "Tierärztliche Umschau"(TU) et intitulé "Notes actuelles sur la dysplasie de la hanche chez le chien" de Marc Torel et Klaus Dieter Kammerer démontre que la DCF avait une étiologie et une pathogénie d'origine alimentaire et hormonale. Les auteurs ont décrit de manière détaillée les particularités de la malnutrition et ses conséquences néfastes sur le squelette.
A lire ici:

Qui a raison et qui a tort? Un trop vaste débat pour une si petite page: nous ne l'aborderons pas ici. 2 arguments doivent toutefois faire réfléchir: Les mesures génétiques prises se sont révélées inefficaces. Depuis trente ans, l'Allemand Verband für das Deutsche Hundewesen (VDH) n'a obtenu, malgré ses efforts, absolument aucun résultat par rapport à l'American Kennel Club (AKC) aux Etats-Unis. Et, second point, l'expansion de la dysplasie accompagne la généralisation de l'alimentation industrielle. Une coïncidence?

 

Le protocole de Copenhague.

Présenté à la FCI pour approbation officielle par le professeur Brass, ce protocole a été défini lors d'un séminaire international qui s'est tenu à Copenhague en mars 2006. Il a notamment été démontré lors de ce séminaire qu'il est d'une importance primordiale que les clichés de dépistage soient réalisés sous sédation profonde ou anesthésie générale qui conduisent à une parfaite myorésolution (relâchement musculaire) du chien.
La réalisation de clichés sur animaux vigiles étant susceptible de donner des résultats où 60% des anomalies dues à l'hyperlaxité ne seraient pas décelables. Ce qui risquerait de compromettre la politique de lutte contre la dysplasie en augmentant le taux de faux négatifs.

Le non-respect de cette procédure ferait peser un lourd danger à moyen et long terme sur la lutte contre l'extension de la DCF au sein des races les plus atteintes dans notre pays. (JP Genevois, G. Chanoit, C. Carozzo, D. Remy, D. Fau, E. Viguier, Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon)

Les races atteintes.

L'anesthésie a donc une importance vis-à-vis de certaines races, celles qui sont les plus atteintes. On peut comprendre pourquoi après avoir lu les explications ci-dessus.
Mais alors, pourquoi appliquer sans discernement un tel protocole lourd à mettre en oeuvre, et encore plus lourd de conséquences pour nos Colleys?
D'une manière générale, le respect de ce protocole est impératif pour que la validité du dépistage soit reconnue internationalement.

C'est tout? Peut-on se satisfaire de savoir que l'examen qui vient d'être réalisé sur son chien anesthésié sera reconnu en Australie, au Paraguay ou en Estonie....Alors que le Colley vient de mourir à cause de cette anesthésie?
On met en jeu la vie de nos chiens uniquement pour assouvir le plaisir d'une FCI disposant là d'un outil universellement reconnu.? C'est inadmissible et incompatible avec un monde moderne respectueux des particularismes de tout être vivant.

Car le Colley a une particularité: Une mutation génétique le rend sensible à certaines molécules chimiques.
Ce sont principalement les Avermectines, dont l'Ivermectine, les lopéramides (Lopéral et Imodium) et les anesthésiants.
Il est facile d'éviter les 2 premiers. Les anesthésiants sont parfois obligatoires: accident, malformation, grave maladie.
Les risques peuvent être minimisés par recours aux anesthésies gazeuses, ou par prise en compte par les vétérinaires de cette spécificité du Colley vis-à-vis de ces produits. La réalité prouve malheureusement le contraire.
Quant à la dysplasie chez le Colley, mérite-t-elle autant de sang versé?

Difficile de trouver des chiffres qui nous permettraient d'avoir une vision des races concernées ou non par la dysplasie de la hanche.
Les Américains nous proposent des chiffres sur le sujet. Depuis 40 ans l'OFA (Orthopedic Foundation for Animals) développe des programmes de recherche sur la santé animale. Ils ont ainsi collecté des dizaines de milliers de résultats de dysplasie depuis 1974. Les résultats des 150 races ayant plus de 100 évaluations sont disponibles en consultation sur leur site.

Race Rang Nbre d'évaluations % atteints
BULLDOG 1 410 73,7
ST. BERNARD 6 1984 46,6
ROTTWEILER 29 87814 20,4
GOLDEN RETRIEVER 31 117519 20,1
GORDON SETTER 32 5484 19,7
GERMAN SHEPHERD DOG 38 92736 19,1
SAMOYED 85 14260 11,2
COLLIE 138 2552 2,7

Les résultats complets, OFA, Hip Dysplasia by Breed, cliquez ici

Détail par année de naissance pour le Colley:

Race COLLIE Nés entre 1980 et 1990 Nés en 1990 et 1992 Nés en 2000 et 2002 Nés en 2003 et 2004 Evolution sur la période
Excellent 11,8% 30,5% 40,4% 37,2% +215%
Dysplasie 3,4% 2,3% 1,0% 1,5% -56%
Nbre de chiens 382 302 297 137 20,4

Les résultats complets par race, OFA, Trends in Hip Dysplasia (selected breeds), cliquez ici

Ces résultats montrent 2 choses:

  • Le Colley ne figure pas parmi les races les plus atteintes. Il arrive en 138ème position avec moins de 3% de chiens concernés.

  • Le second tableau corrobore les constations des experts mettant en cause l'origine purement génétique de la dysplasie. Entre 1980 et 2004, le pourcentage de Colleys atteints de dysplasie a baissé de 56% aux Etats-Unis sans avoir recours à des méthodes dangereuses pour nos chiens.

 

 

 

Toutes ces considérations doivent nous faire réfléchir

Appliquer un lourd protocole mettant en danger la vie de nos Colleys pour dépister une maladie qui ne les concerne pas n'est pas acceptable.
Il faut supprimer l'obligation du dépistage pour les catégories 5, 6 et champions aussi longtemps qu'une solution n'est pas apportée quant à la sécurité de nos chiens par rapport au protocole défini par la FCI.
La santé du chien prime sur le besoin d'harmonisation des résultats de dépistage.
Une large information est nécessaire. Information et sensibilisation des éleveurs, des particuliers, du corps vétérinaire dans son ensemble.
En effet, la dysplasie existe malgré tout dans notre race. Même inférieure à 3%, cela représente encore une trentaine de chiens qui naissent chaque année en France compte tenu des 1200 naissances annuelles. Un chiffre relativement stable depuis 2000. (les naissances depuis 1951, cliquez ici).
Il est donc important de contenir ce taux de dysplasie sous ces 3%, et même de le faire diminuer. La radio est la seule méthode de dépistage qui existe actuellement. Des éleveurs, ou des particuliers, continueront à faire radiographier leurs chiens. Pour confirmer une suspission d'atteinte, ou pour offrir à la reproduction un étalon de grand intérêt pour la race qui sera indemne de dysplasie.
Pour ces raisons, l'information, l'éducation de tous reste une priorité. Il faut imposer au vétérinaire la radiographie SANS anesthésie, ni sédation.
Il restera malgré tout des cas où une relaxation du chien sera obligatoire, sans quoi il ne pourra pas être radiographié correctement. Dans ce cas, il faudrait reporter la radiographie et faire un dépistage de MDR1. Non concerné par la mutation (+/+), la radiographie pourra être entreprise en envisageant une anesthésie très légère. Sinon, la radiographie doit être faire avec d'infinies précautions concernant le dosage de l'anesthésie qui devra être gazeuse.
Enfin, nous devons inciter les chercheurs à explorer de nouvelles voies de dépistage afin d'obtenir différents protocoles de test qui seraient en adéquation avec les particularités de chaque race.
Ce serait alors un progrès pour la science, et un soulagement pour nous. Laisser en l'état, et compter les morts, n'est de toute façon pas une solution...Ou est la pire des solution. Le risque étant que plus personne ne fasse dépister ses chiens.

Réagissez à cet article, un forum est ouvert pour la circonstance. Donnez votre avis, parlez en, mais ne restez pas indifférents. Le drame de Balto, d'autres l'ont connu et d'autres le connaîtront si, malheureusement, rien n'est fait.

Le forum Collie-online: La dysplasie chez le Colley, que faire?

 

 

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